Voyage en Belgique

Dernière mise à jour :

Voyage réalisé du 4 au 8 Juin 2018.

Joli douglas

Premier jour

Accueil et repas

Nous sommes arrivés vers 13h, accueillis par Madame Godet, présidente de l’association RND (Ressources Naturelles Développement) sans but lucratif qui, en Belgique, a pour but d’aider les propriétaires et les professionnels forestiers à mieux mettre en valeur la forêt Belge ainsi que la filière de transformation. Le repas, accompagné d’une bière d’Orval, nous a gentiment été offert par l’association RND et nous a fait oublié le lever tôt et le voyage.

Visite de la forêt du domaine forestier d’Orval

Nous sommes ensuite partis visiter le domaine forestier du château d’Orval, tenu par Mr Philippe d’Otreppe de Bouvette, par ailleurs juge de paix et qui entretient seul sa forêt pendant ses loisirs et ses vacances.

La forêt, d’une superficie de 155 ha, est composée pour moitié de feuillus et moitié en résineux et se trouve sous contrainte Natura 2000 en UG8, la plus contraignante; ceci en raison de chauve-souris protégées qui habitent le domaine. La restriction empêche, entre autre, de remplacer les parcelles de feuillus par du résineux lors de l’exploitation, alors que la vente de feuillus (hêtres et chênes) est de moins en moins rentable par rapport à celle des résineux. A l’encontre, le propriétaire est dédommagé par des avantages d’une prime annuelle de 40€/ha.

Nous avons pu voir, avant que l’orage ne nous surprenne, des parcelles de douglas qui peu à peu remplace celles d’épicéas moins rentables car grossissant moins vite. Entre autre, nous avons vu une parcelle d’une cinquantaine d’année qui vient d’être éclaircie, les arbres sont élancés mais sont fragilisés par leur faible coefficient d’élancement et l’observation des souches révèle que les éclaircies n’ont pas commencé assez tôt. Les parcelles plus récentes végètent et subissent coups de gel, des attaques de fomès arrivé dans le sol avec les épicéas, de rouille suisse (champignon : Phaeocryptopus gaeumannii), de sirococcus (champignon : Sirococcus conigenus) et de cécidiomyes du douglas (diptère) ; ces problèmes ont été référencés en 2015 à travers la Wallonie. Après plusieurs « regarnissages », des mélèzes ont été mis là où les douglas étaient les plus mal en point. Il faut noter que pour éviter que les douglas ne soient broutés pendant l’hiver, il leur est appliqué un lait de chaux mêlé : le latex forestier, qui est susceptible de gêner leur développement. De plus le sol n’a pas été préparé, juste nettoyé par un broyage.

L’excellent accueil de notre hôte nous a ensuite permis d’admirer une salle de trophées bien remplie où nous avons pu déguster une excellente bière d’Orval.

Mardi, seconde journée de notre voyage

Organisation de la sylviculture en Belgique

Par Hugues Lecomte de l’IPRFW (inventaire permanent forestier wallon) et Eugène Bays (Office Economique Wallon du Bois)

L’IPRFW réalise un inventaire de la forêt wallonne en quadrillant la Wallonie en points de 50 ha (500m en latitude et 1000m en longitude), ce qui fait un total de 11080 points. Chaque point fait l’objet d’un relevé de plus de 200 variables dont la description des peuplements, leurs mesures dendrométriques, des observations individuelles ainsi que des relevés généraux et administratifs et des observations relative au milieu. Les données ainsi sélectionnées sont insérées dans une base de données sous la forme de plus de 45 tables de données et les évolutions sont enregistrées à partir de photos aériennes.

Les chiffres qui suivent proviennent de l’inventaire de 2011.

Les chiffres qui suivent proviennent de cet inventaire : La Wallonie a une surface de 16900 km² et est recouverte de forêt sur 33 %, soit 556200 ha. Après une domination des feuillus, les résineux ont pris de l’importance, surtout les épicéas après la seconde guerre mondiale. Actuellement, les feuillus (hêtres et chênes essentiellement) occupent 57% de la surface et les résineux 43 % (principalement des épicéas et des douglas qui les remplacent petit à petit).

Les peuplements de feuillus couvrent 271100 ha dont 16,5% en hêtraies, 30,4% en chênaies, 26,4% en feuillus précieux, 26,4% en peupleraies et 2;9% avec d’autres essences.

Les peuplements résineux couvrent 204100 ha dont 63,8% en pessières, 10,5% en douglasaies, 3,6% en mélèzières 4,3% en pineraies et 17,8% avec d’autres essences.

On peut noter qu’il n’y a pas ou peu de sapins et que les résineux sont majoritaires dans les provinces de Liège et du Luxembourg, là où l’altitude est la plus grande (inférieure à 700m).

La surface de la forêt publique est pratiquement égale à la surface de la forêt privée qui regroupe 89790 propriétaires et la surface moyenne par propriété est de 3.1 ha. 91% des propriétés privées font moins de 5 ha (pour 25% de la surface de la forêt privée) et 2% des propriétés privées font plus de 5 ha en occupant 40% de la surface des propriétés privées. De plus seulement 10% des surfaces privées sont certifiées (PEFC) alors que 96,1% des surfaces publiques le sont.

Les propriétaires privés bénéficient d’avantages en faveur de la forêt, ils ne paient plus les droits de succession et d’enregistrement (sur les arbres sur pied) et peuvent avoir des primes d’aide à la plantation par la province et la région. De plus ils sont invités à faire des groupements forestiers.

L’ensemble des peuplement représente un volume sur pied de plus de 118 millions de m3, dont 52% de feuillus et 48% de résineux. Entre 1980 et 2011, le volume sur pied a cru de 37% mais seulement de 4,7% entre 2001 et 2011, ce qui indique une augmentation des prélèvements. A contrario, pour cette même période (2001-2011) le volume sur pied de feuillus a augmenté de 15% alors que celui des résineux a baissé de 4,7%.

Le tableau montre la répartition du volume entre privés, publics, feuillus et résineux :

Bois publicsBois privés
Hêtre 11 084,4 4 512,2
Chêne 13 980,6 9 579,1
Feuillus précieux 2 038,4 4 917,9
Peupliers 215,4 1 480,0
Autres feuillus 2 775,9 3 880,2
Tous feuillus 30 038,7 24 369,3
Epicéas 19 943,9 23 654,7
Douglas 2 618,7 3 529,6
Aures résineux 3 838,9 3 069,7
Tous résineux 26 401,4 30 254,0
Toutes essences 56 440,2 54 623,4

Tableau 1: volume sur pied (m3 x 1000)

Un autre tableau intéressant est la production et le prélèvement en fonction des essences pour l’ensemble des propriétaires :

Essences feuillus Futaies et taillis ss futaie Production x 1000 m3/an Prélèvements x 1000 m3/an Taux de prélèvement en %
Chêne 375,3 246,5 65,7
Hêtre 447,5 397,7 88,9
Feuillus précieux 202,5 92,4 45,6
Peupliers 54,7 45,5 83,2
Autres feuillus 233,3 87,6 37,5
Tous feuillus 1313,2 869,7 66,2
Essences résineuses Futaies et taillis ss futaie


Epicéa 1814,7 2717,6 149,8
Douglas 340,4 238,2 70
Autres résineux 176,9 181 102,3
Tous résineux 2332 3136,7 134,5
Toutes essences 3645,2 4006,4 109,9

Ce tableau nous montre qu’il existe une capitalisation en feuillus mais une exploitation intensive en résineux.

Après le décret du 15 Juillet 2008 relatif au Code forestier, des mesures sont mises en œuvre pour rétablir l’équilibre feuillus – résineux, tendre vers l’équilibre la production et les prélèvements, compenser la diminution des volumes mis en vente, gérer la forêt de façon durable, améliorer la biodiversité et accroître les surfaces forestières certifiées.

Il y de plus la volonté de rétablir l’équilibre forêt – gibier, de favoriser la biodiversité, pratiquer des régénération naturelles des peuplements, en veillant bien sur à ce que chaque essence soit adaptée au milieu ; ce qui incite de plus en plus à pratiquer la sylviculture Pro-Sylva.

Visite de la scierie Fruytier (David Fruytier)

Cette scierie mérite le nom de scierie européenne par son importance, elle possède des sites en Allemagne, dans les Ardennes, en Bourgogne, sur Bouillon pour les gros bois et dans la région de Famenne ; elle représente 150 ha d’infrastructures. La société a un chiffre d’affaire de 185 millions d’euros et emploie plus de 650 personnes et se situe dans le top 20 des scieries européennes avec un stock permanent d’environ 100 000 m³.

Le site de Marloie couvre environ 50ha et traite uniquement des résineux : épicéas, douglas et mélèzes. Les billes sont analysées automatiquement pour optimiser la coupe. Le meilleur (duramen) représente 35 % des billes de bois, 15 % sont utilisées pour réaliser de l’emballage et 50 % du plaquage. Les déchets de coupe, dont la sciure, sont utiliser pour fabriquer des pellets. Ainsi 7000 m³ sont transformés chaque jour, ce qui représente plus de 80 camions.

Le site de Marche-en-Famenne est orienté pour la seconde transformation. Une unité de trempage (vert ou jaune) permet de protéger le bois pour l’intérieur. Une unité de séchage à air forcé est géré par ordinateur pour doser au plus juste le taux d’humidité du bois. 600 m³ de bois sont raboté chaque jour. Chaque jour, également, 300 m³ de bois passe en autoclave pour ressortir en classe 3 ou 4 suivant besoins et 200 m³ est collé pour assembler des poutres en lamellé-collé.

Pour en savoir plus : http://fruytier.com/

Visite de la scierie Huet Bois (Geoffrey Huet)

Cette scierie nous a interpellés car elle n’a pas d’équivalent en Auvergne. Elle fabrique aussi bien des pieux d’assise de maison pour les Pays-Bas, des rondins pour fabriquer des maisons ou des piquets de faibles diamètre. Pour ce faire elle traite des épicéas dont le fin bout descend jusqu’à 7 cm et les règles de transport le permettant, des tiges qui vont jusqu’à 27 m. Les tiges sons scannées automatiquement, ce qui permet d’optimiser leur découpe suivant les besoins de la scierie. Ces débouchés permettent de payer jusque 15€ le m³ de bois sur pied des tiges qui sont utilisées en France pour le papier ou le chauffage à un prix bien moindre.

Mercredi, 3° jour de notre voyage

RND pour la forêt privée en province de Luxembourg

La province du Luxembourg est recouverte à 52 % par la forêt qui est à 44 % couverte de feuillus et 56 % de résineux. Cette forêt appartient à 49 % au propriétaires privés et les 51 % au publique.

Une plantation traditionnelle comporte un fond bois d’environ 6000€/ha. La surface, en général, est juste gyrobroyée sans autre intervention et un amendement est parfois prodigué. La densité de plantation varie de 2000 à 2500 tiges/ha. Les protections sont obligatoires vu le gibier qui habite la forêt et un regarnissage souvent nécessaire.

Une prime à la plantation existe pour une valeur de 750€/ha mais limitée à 2250€ à chaque demande et le fichier écologique (site : https://fichierecologique.be) permet de choisir quelle essence planter en fonction du sol, du climat local et de l’altitude car la prime est assujettie au choix de l’essence qui doit être validée par le fichier écologique.

Le mélange d’essences à la plantation se fait de plus en plus en ajoutant 2 épicéa pour un douglas planté, surtout par sécurité suite aux problèmes récents du douglas qui depuis quelques années subit l’assaut d’agents pathogènes.

Cellule d’appui à la petite forêt par Vincent Colson (Office Economique Wallon du bois)

La cellule d’appui à la petite forêt a été mise en place pour aider les petits propriétaires forestiers. Elle informe d’abord les propriétaires sur les conséquences du Code forestier Wallon de 2008 et encourage la mobilisation du bois qui est freinée par le morcellement de la forêt privée.

Cette cellule a été créée en 2011 et sert les propriétaires dont la forêt est inférieure à 5 ha.

Ses 3 missions sont l’information, des opérations groupées au sein de massifs particulièrement morcelés et une base de connaissance sur la forêt privée. A partir de là, elle propose des visites de diagnostic, un portail cartographique et un répertoire des parcelles à vendre. Il est aussi possible d’obtenir un marquage si le bois est pour la consommation de chauffage ou une coupe marchande avec de très petits lots. Les actions groupées sont sur la base du volontariat de la part des propriétaires et la cellule s’occupe de l’appel aux professionnels pour la réalisation des coupes et travaux. La cellule organise également des ventes par soumission avec un expert qui suit le projet.

La cellule d’appui est un organisme public, sans intérêt commercial, qui incite les petits propriétaires à mieux gérer leur forêt.

Philippe de Wouters, Directeur de la Société Royale Forestière

La société royale existe depuis 1895 et est alimentée sur fonds propres.

La société entretient un réseau d’arboretum pour prévoir le futur (suite au changement climatique) sur des fonds privés.

La société forme les propriétaires afin qu’ils comprennent leurs obligations en forêt et ainsi leur donne une autonomie au niveau gestion de la forêt.

La société a également créé la notion « coach forestier » qui sont des propriétaires expérimentés qui rencontrent les autres propriétaires pour les aider dans la gestion de leur forêt. Ces coach sont actuellement au nombre de 8.

La forêt bouge

Présentation du site et de ses possibilités par les français aux personnes du DNR et au directeur de la forêt royale forestière. Une discussion s’est engagée sur ces thèmes.

Visite du comptoir à graines forestier tenu par Alain Servais

Mr Servais est généticien forestier et ingénieur. Le bâtiment du comptoir à graines a été inauguré en 1996 et a été un des premiers à utiliser principalement le bois pour sa construction. 120 m³ d’épicéas ont été nécessaires à son élaboration.

La gestion des plants est élaborée suivant les directives européennes et dans une parcelle, la récolte a lieu sur au moins 20 arbres pour avoir une diversité au niveau génétique. De plus le changement climatique est pris en compte pour la recommandation des graines à planter.

Depuis sa création, le comptoir récolté 50 à 60 tonnes de semences sur une surface de 55 à 60000 ha, ce qui a permis la génération de 120 à 130 millions de plants parmi 32 espèces forestières.

Les glands de chênes, de hêtres et de châtaigniers sont plus difficile à mettre en œuvre et se gardent au maximum 3 ans alors que les résineux sont gardés de 10 à 15 ans. Les graines sont stockées à -8° après séchage et des échantillons sont testés avant toute vente aux pépiniéristes. 1 kg de graines d’épicéas donne 40000 plants alors que pour le douglas on obtient 50000 plants.

Visite de parcelles gérées de manière innovante

Après un passage à l’abbaye de Rochefort pour acheter quelques bières délicieuses, nous sommes allés visiter des parcelles gérées avec un mélange d’essences, des plants mycorhizés et de nouvelles essences qui appartiennent à Mme Dominique Jacob.

Nous avons d’abord vu une parcelle marquée pour un premier éclaircissement qui est un mélange de douglas et d’épicéas (en général, 1 douglas pour 2 épicéas). Les arbres marquées sont essentiellement des épicéas dominés par les douglas. Cela semble effarent mais lorsque l’on sait qu’il existe des scieries qui achètent les épicéas avec un fin bout de 7 cm à un prix non négligeable, cette façon de faire devient réaliste et permet une meilleure sécurité en regard aux agents pathogènes qui attaquent les douglas depuis 2015.

A l’encontre, une autre parcelle plantée depuis peu a du mal à s’en sortir, attaquée par le gibier malgré plusieurs protections comme la demi-lune qui paraît peu efficace, par contre les tiges de fer semblent plus efficaces mais il ne faut pas oublier de les enlever, enfin le latex forestier et la laine de mouton semblent efficaces mais à renouveler régulièrement.

Jeudi, 4° jour de notre voyage

Pavillon du lac des Doyards

Ce lac se trouve sur la petite ville de Vielsalm et accueille une construction de la fin des années nonante qui a permis de lancer les constructions bois. Un ponton mène jusqu’au pavillon qui permet de s’avancer sur le lac.

Visite de parcelles gérées par le Département Nature et Forêt

Ces parcelles publiques sont gérées par la technique Pro Sylva et appartiennent à la forêt domaniale du grand-Bois. Nous y avons été guidés par Raphaël Thunus, agent forestier en charge de cette forêt. L’altitude varie de 450 à 600 m , le sol, brun acide forestier, est pauvre, Vielsalm est de ce fait la capitale de la myrtille et la précipitation est de 1200 mm/an.

Il faut noter qu’il reste des traces d’essartage qui datent d’avant le XX° siècle, c’est à dire que lors d’une coupe, les déchets de bois étaient réunis en andain puis brûlés et chaque ligne ainsi amendée était cultivée pendant plusieurs années avant que les arbres nouvellement plantés ne repoussent.

Au XVIII° siècle, des pins sylvestre ont été plantés, puis au début du XX° siècle les épicéas ont été plantés. Au milieu du 20° siècle quelques sapins pectiné ont été plantés avec des hêtres. Les cellules de Turner ainsi plantées ont amené un mélange des essences.

Depuis 2012, un cloisonnement est planifié tous les 30-40 ans et un abattage des gros épicéas est réalisé. Cependant, les coupes d’ensemencement sont organisées de façon à ce que la régénération ne soit pas trop abîmée par la coupe des gros arbres restants. Ces gros arbres sont progressivement éliminés par une rotation de 6 ans qui peut être ramenée à 3 ans suivant l’état de la régénération. Les gros diamètres sont exportés (> 80 cm) pour un prix de 60 €/m³ tandis que les moyens sont achetés environ 70 € du m³.

On privilégie la régénération qui est moins pénalisante que la plantation .

Visite d’une propriété gérée en Pro Sylva chez Mr Etienne d’Ansembourg-Assenois

La propriété de 540 ha est un groupement forestier appartenant à la famille de Mr d’Ansembourg qui fait tous les travaux à part les coupes et les plantations.

Une éclaircie est réalisée tous les 2 ans dans les épicéas mais un passage est réalisé tous les 3 ans pour exploiter les arbres de plus de 2 m³. Par exemple une parcelle d’épicéas de 40 cm de diamètre a une surface terrière de 30 m², ce qui représente environ 300m3 de bois ; 10 % sont prélevés tous les 3 ans, ce qui fait 30 m3/ha.

Nous avons pu comparer les éclaircies intenses d’une pessière avec celle d’une propriété voisine qui n’a pas été éclaircie ; les arbres sont bien plus vigoureux là où il y a eu éclaircies.

Nous avons pu admirer les billes de jolis mélèzes, coupées, qui attendent qu’un transporteur vienne les chercher pour les emmener en Ardèche où elles vont servir à construire des maisons de bois. Une ancienne parcelle de mélèzes, rasée en 2005, a une belle régénération naturelle et diversifiée mais les mélèzes hybrides de génération F1 ne donneront pas forcément de beaux arbres avec la génération F2, seul un quart d’entre eux risque d’être convenable.

Nous avons pu observer un débardage à cheval dans une parcelle d’une propriété voisine ou le propriétaire paie 3,5€/m³ le cheval qui sort les grumes de la parcelle et 3,5€/m³ pour le tracteur qui sort emmène les grumes sur la place de dépôt. Cela semble très faible comme prix

Vendredi, dernier jour de notre voyage

Cette dernière séance nous a permis de faire un bilan de notre visite en discutant avec Mr Rondeux Jacques, enseignant-chercheur en retraite et spécialiste de la dendrométrie et de la gestion forestière.

  • Sur le sujet des forêts de grande surface sans document de gestion, Mr Rondeux pense qu’il faudra en passer par là, surtout si des aides sont attribuées.
  • Sur la densité de plantation, la Belgique préconise 2500 tiges à l’hectare alors qu’en France le CRPF préconise plutôt entre 1200 et 1500 tiges ; Mr Rondeux pense que l’on peut descendre en densité mais en élaguant le plus haut possible, ce qui fait un compromis entre les nœuds et le prix de la plantation.
  • Pour ce qui est du travail du sol, la France exécute en général une raie de sous-solage o une potée travaillée, Mr Rondeux estime que c’est de la responsabilité du propriétaire suivant la nature de son sol (coût de la plantation).
  • Pour Mr Rondeux, il faut faire attention au Pro Sylva, surtout dans le publique, pour que cela ne devienne pas du sectarisme et rechercher un certain équilibre entre les différentes façons de faire.
  • Pour le fichier écologique, Mr Rondeux pense qu’il faut faire attention à l’imprécision qui permet de planter des essences on recommandées, sinon le produit est formidable.
  • Il estime de plus que la valorisation des perches peut disparaître ou reprendre de l’importance suivant la disponibilité qui est surtout dûe aux plantations mélangées douglas – épicéa.
  • Il déconseille la plantation du douglas et du frêne en fonction des pathologies actuelles.
  • Il nous fait remarquer que le nouveau code forestier Belge ne contient pas le mot « production » et qu’il est plus orienté vers la protection biologique.
  • Et il pense que le changement climatique peut redonner de la valeur aux essences rares comme le robinier, le merisier, le noyer et même le frêne.

Conclusions et comparaison entre la sylviculture Wallonne et le Puy-de-Dôme

Cette semaine a été très fructueuse en découvertes d’une autre sylviculture et il faut remercier nos amis belges pour le programme de visites et les informations qu’ils ont pu nous communiquer au cours des présentations.

Principales différences entre nos 2 sylvicultures :

  • La moitié de la Wallonie est couverte de feuillus et les résineux sont surtout représentés par l’épicéa et le douglas, douglas qui risque de baisser fortement avec les agents pathogènes qu’il subit depuis 2015.
  • Certaines scieries achètent des perches fin bout de 7 cm d’épicéa alors que les scieurs français envoient ces perches pour faire du papier ou des plaquettes avec un prix bien moindre.
  • Le fichier écologique qui n’existe pas en France en tant que tel.
  • La longueur des billes transportées sur route, jusque 27 m en Belgique, 16,5 m en France.
  • Les coach de la Société Royale Forestière.
  • Les prix proposés par les scieurs sont plus élevés qu’en France.
  • Il n’y a pas de document de gestion en Belgique contrairement à la France pour les surfaces supérieures à 20 ha.

Voir aussi :

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